Rue Joseph Kosma

La dame présente son ordonnance et sa carte vitale au pharmacien.
— Je n’habite pas dans le quartier, mais j’aurais besoin de ce produit.
— Pas de problème, Madame. Où habitez-vous ?
— Rue Joseph Kosma.
— Attendez, je note.
Il se place devant l’écran de son ordinateur.
— Rue Jacques Prévert, vous m’avez dit ?
La dame le regarde d’un air surpris.
— Non, rue Joseph Kosma.
— Oui, c’est presque la même chose. Toi tu m’aimais, moi je t’aimais, mais la vie sépare ceux qui s’aiment… Vous avez bien des feuilles mortes par chez vous ?
La dame s’interloque de plus en plus.
— J’habite rue Joseph Kosma, reprend-elle. Joseph… ça s’écrit comme le prénom.
— Oh, on connait la chanson, chère madame. Jacques aussi, ça s’écrit comme le prénom.

Je me trouvais au comptoir voisin, j’ai éclaté de rire. La dame continuait de ne pas comprendre. Comme j’en avais fini avec mes achats, je suis sorti de l’officine en sifflotant. Le pharmacien m’apostropha :
— S’il vous plait, monsieur, tout doucement, sans faire de bruit…

Joseph Kosma en 1945 par Robert Doisneau

(Sur la fin de l’anecdote, j’enjolive un peu.)

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Charles-Marie BERA

Oh, il n’y a pas que Les feuilles mortes, hein…des mises en musique géniales des poèmes de Prévert on pourrait faire tout un Inventaire.

Bertrand de Foucauld

“Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…” 🙂