Problèmes et solutions

Quand on bute sur une difficulté ou une objection mais qu’on veut signifier que ça ne va pas nous empêcher d’avancer, on affirme qu’ « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. »

Je n’aime pas beaucoup cette phrase. Trop de gens s’en gargarisent. Elle est devenue un lieu commun de la pensée positive. Et si elle témoigne d’un état d’esprit sympathique, elle repose néanmoins sur une idée fausse qui revient au fond à prétendre qu’un problème n’est qu’une question en attente de solution. Il est vrai qu’un temps de réflexion permet de résoudre bien des problèmes, mais il en existe certains, celui de la quadrature du cercle par exemple, pour lesquels l’attente peut durer très longtemps (pour la quadrature, on attendrait d’ailleurs sans doute encore si un mathématicien n’avait finalement démontré qu’elle était impossible, au bout de trois mille ans).

Pour en revenir à la citation, ceux qui l’utilisent savent rarement qui en est l’auteur. Je l’ai entendue attribuée à Winston Churchill, à Mark Twain, à de Gaulle, et même à Aristote, à qui il est commode d’attribuer au hasard des pensées parce qu’il a écrit sur un nombre considérable de sujets et que personne ne le lit plus. Elle est en réalité, si j’en crois les sites spécialisés, tirée du journal d’André Gide. Je n’ai pas lu ce journal davantage que les œuvres d’Aristote, mais peu importe : sur l’idée qui nous occupe, je suis plutôt quant à moi en faveur de la logique shadok : « s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ». C’est tout-à-fait reposant.

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