des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Je lis sur facebook un commentaire de mon ami Abel que je trouve très intéressant. Il y est question d’un certain écrivain et chroniqueur qu’il connaît bien.

Que dit Abel ? Que cette personne, qui ne pense pas nécessairement aussi bien qu’elle écrit, a souvent commis, sur des sujets comme la guerre en Irak ou la politique américaine, de substantielles erreurs d’analyse. Et que s’il se méfie d’elle et de ses jugements, c’est « parce que ce qui l’intéresse ce n’est pas la réalité objective, mais un ensemble d’obsessions qui forment son horizon intellectuel personnel. »

Voilà : c’est cette phrase qui m’arrête, tant le point me paraît juste. Car au fond, chacun les connaît, ces esprits tourmentés qui ne trouvent dans l’actualité qu’une matière propre à alimenter leurs hantises et leurs fantasmes : il y en a désormais plein les plateaux télé et les réunions entre amis. Tout nourrit leur thèse et leur inquiétude. Le monde tourne autour de leurs idées fixes. Partout ils en observent la justification et le bien-fondé. Ceux qui ne voient pas ce qui leur saute aux yeux sont des inconscients ou des benêts. Ceux qui discutent leurs conclusions sont des aveugles ou des subversifs.

Mais le plus effrayant, à leur contact multiplié par les réseaux, c’est de voir en effet les faits se tordre, se gauchir, et la réalité objective cesser d’exister : leurs obsessions la biaisent, l’engloutissent. Le réel disparaît sous leurs opinions.

© Paola Rojash

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