des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

J’ai toujours aimé l’étymologie. On y trouve des éclairages intéressants sur le sens profond et souvent oublié de notre vocabulaire. L’examen de l’origine des mots et de leur dérive sémantique au fil du temps nous en apprend beaucoup, je trouve, sur ce que parler veut dire.

Prenez le mot obsèques. En latin classique, funérailles se dit exsequia, c’est-à-dire, littéralement, accompagner, suivre jusqu’au bout. Alors qu’obsequium désigne la déférence, la complaisance, le fait de suivre quelqu’un par soumission ou par intérêt. Dans les deux cas il s’agit de suiveurs (sequor), mais organisés dans des cortèges bien distincts : celui des fidèles par-delà la mort, et celui des plus ou moins serviles.

Au Moyen Âge cependant, les deux cortèges se croisent. Alors qu’en ancien français le mot exèques est attesté, il disparaît définitivement au XVIè siècle au profit d’obsèques, « par altération » nous dit le dictionnaire. Il se peut que la langue ait ainsi inconsciemment traduit l’observation que les cortèges funéraires comptaient, avec le développement de la vie sociale et de ses nécessaires hypocrisies, une proportion plus importante de personnages obséquieux.

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