Soit, Ă vendre, un local commercial. Le rĂšglement de copropriĂ©tĂ© stipule que « sont prohibĂ©es dans lâimmeuble toutes professions dangereuses, malodorantes, insalubres et incommodes ». Question : est-il possible dây installer un restaurant ?
Principalement recrutĂ©s parmi les habitants du lieu et les voisins immĂ©diats, les partisans du non invoquent les dangers dâincendie et de fuite de gaz ; une perpĂ©tuelle odeur de graillon ; les cafards grouillant sur des murs couverts dâhuile ; et les Ă©clats de voix des clients sur le trottoir. Votre gargote, disent-ils, est tout Ă la fois : dangereuse, malodorante, insalubre et incommode. Allez la construire ailleurs.
Les tenants du oui font valoir Ă lâinverse que la prĂ©paration de plats par des professionnels prĂ©sente moins de risques que par des particuliers ; que cette activitĂ© dĂ©gage des fumets agrĂ©ables, qui nâen seront cependant pas moins aspirĂ©s par des hottes prĂ©vues Ă cet effet ; que le respect des rĂšgles dâhygiĂšne fait l’objet de contrĂŽles stricts ; et que sâil faut parler dâincommoditĂ©, le pire serait une ville ou un village oĂč lâon ne trouverait pas un seul endroit pour se restaurer.
Mais leur voix a moins de force que celle des prĂ©cĂ©dents. On crie plus fort lorsquâon se sent menacĂ©. Le syndrome que les AmĂ©ricains ont nommĂ© NIMB (Not In My Backyard) sâest largement rĂ©pandu ces derniĂšres annĂ©es. Prenez les Ă©oliennes. Je comprends lâintĂ©rĂȘt quâelles prĂ©sentent, et je vois leur dĂ©veloppement avec sympathie, mais dĂ©cidez dâen Ă©riger une dans mon jardin et je lui trouverai tous les dĂ©fauts du monde.



Les Ă©oliennes dĂ©naturent les paysages et tuent les oiseaux…