des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

La nature humaine n’a jamais accepté de rester sans réponse face à un problème vital. Si la réponse ne peut être d’ordre rationnel, la pensée magique ou religieuse prend instantanément le relais. Et le peuple aurait tôt fait de retirer sa confiance à des dirigeants qui s’avoueraient ouvertement démunis.

Un historien de la médecine nous rappelle dans The Guardian que « les épidémies sont dangereuses pour ceux qui gouvernent ». Les pouvoirs à composante populiste le savent d’instinct. L’empereur Néron, à Rome, diffusa la recette d’un supposé remède miracle alors qu’une épidémie faisait rage dans la ville. Vingt siècles plus tard, Trump, face au covid-19 aux USA, préconise l’adoption du traitement controversé à la chloroquine plutôt que d’apparaître dépourvu de solution.

Le point ici n’est pas de savoir si ce traitement fonctionne ou pas : les experts sont très divisés et ni Trump ni moi n’en savons rien. Le point est de discerner que son geste cherche moins à sauver des vies qu’à tenter de préserver sa légitimité au milieu d’une catastrophe.

Une réponse à Néron, Trump, et la chloroquine

  • Mon cher Jean-Pierre, je suis loin de partager ton avis. Je comprends parfaitement la position du président Trump (et accessoirement de bien des médecins, notamment en France). Le Plaquénil est un médicament connu depuis des décennies et je l’ai moi-même prescrit notamment dans certains cas de polyarthrite rhumatoïde. Je ne sais bien sûr pas s’il est réellement actif contre le SARs-Covi2 mais je sais une chose : prescrit dans un cadre médical (c’est-à-dire hors de l’auto-prescription), ses effets indésirables sont peu nombreux et toujours récupérables. En revanche, chez des personnes âgées souffrant de pathologies diverses, le virus est souvent mortel. Dès lors, pourquoi ne pas prescrire l’hydroxychloroquine EN DÉBUT d’atteinte afin de diminuer éventuellement la charge virale au moment où le sujet est encore relativement résistant ? Si elle ne sert à rien, le risque pour le malade est quasi-inexistant mais si elle est vraiment active, ce sont des milliers de vies de sauvées. Comment peut-on encore hésiter ? Il s’agit (en France) d’une querelle d’egos comme seuls nous savons les initier (“l’ennemi” juré du Pr Raoult est le Pr Lévy, mari de Mme Buzyn). Il y aura des comptes à rendre surtout si le médicament est réellement actif en début de traitement. Si ce n’est pas le cas, on aura simplement tenté à moindres frais. Je regrette que, dans notre pays, aucun politique n’ait le courage de trancher : sur cette question précise, il nous faudrait un Trump et pas des énarques apeurés !

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