« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

J’ai l’honneur et le plaisir d’être à nouveau sollicité pour prêter ma voix à Michel Serres. On me dit que je le lis très bien : tant mieux. Je me livrerai de nouveau à l’exercice le 13 novembre, dans le cadre d’un festival de philosophie qui se tiendra à Agen.

Les textes que l’on me confie cette fois-ci sont des hymnes, c’est-à-dire des chants de célébration. Le premier d’entre eux (inédit) exalte la musique.

« Si je parle [dans un pays francophone], j’ai chance d’être compris. Que je passe en Allemagne, au Japon, vers l’Australie, sans traducteur, j’ouvrirai ma bouche pour rien. Alors que la cantatrice peut être acclamée à San Francisco, Milan ou Pékin. La Parole est locale, la Musique globale. La parole découpe du sens, la Musique est universelle. Je parle une langue audible seulement pour [quelques uns] ; la cantatrice chante pour la totalité du monde.

La Parole sépare, la Musique fédère (…) Voilà pourquoi la Musique est le premier de tous les arts. Vous ne m’écouterez pas si ma parole n’est pas mue par la Musique. Vous ne regarderez jamais un tableau, une statue, un bâtiment d’architecte, s’ils n’ont pas été inspirés par une certaine Musique, s’ils ne respirent pas une Musique secrète, s’ils ne sont point enchantés. »

L’idée me parait profondément juste. Elle rejoint une pensée de Palladio qui, dans ses traités d’architecture, prônait sans cesse la recherche de l’harmonie et de la proportion, écrivant : « les nombres sont à l’architecture ce que les notes sont à la musique », et ajoutant : « les proportions des voix sont harmonie pour les oreilles ; celles des mesures sont harmonie pour les yeux. »

 

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Bruno SERIGNAT

Mais dit-on les mêmes choses ?

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