« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

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© Ignace

Il me faut confesser ici une sorte de forfaiture : j’ai voté dimanche à la primaire de la droite sans payer les deux euros requis. (Je n’avais qu’un billet de 5 euros. L’assesseur m’a fait la monnaie. J’ai voulu payer. Signez d’abord, m’a-t-il dit. J’ai émargé la liste électorale. Prenez vos bulletins, m’a ensuite intimé sa collègue, puis avancez vers l’isoloir. Et là, victime d’une soudaine mauvaise pensée, je me suis dit : puisqu’on ne me demande plus ma pièce, je ne paye pas.)

En sortant du bureau de vote, j’ai pris le métro. Une femme très maigre et très ridée faisait la manche avec autour de son cou un écriteau en carton énumérant des misères épouvantables qu’attestait son visage émacié. Je me sentais l’âme d’un Robin des Bois au petit pied : les deux euros ont atterri dans sa sébile.

Puis j’ai retrouvé l’un de mes beaux-frères, à qui j’ai conté l’affaire. Comme il s’apprêtait à son tour à aller voter avant notre déjeuner : — Viens avec moi, dit-il (en riant mais sérieux), je vais expliquer ton cas à mon bureau de vote, et je mettrai quatre euros dans la boîte.

Et c’est ainsi que les comptes de la primaire sont équilibrés.

 

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