des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

En réaction à mon idée de révolutionnaire assis, une de mes amies, que l’inaction révolte, m’a envoyé un message indigné : « Facilité et oisiveté sont-elles porteuses de vraies solutions ? Réfléchir oui bien sûr mais intellectuel assis !?? Mais spectateur passif ? » Elle conclut que ma position lui paraît « très questionnable et hors sujet ».

Hors sujet ? Je crois au contraire être en plein dedans. L’activité humaine est excessive et destructrice. Chacun le voit : le besoin de s’activer en tous sens, la perpétuelle quête du faire, l’agitation consommatrice, l’assouvissement de faux besoins, sont des attitudes profondément dommageables, non plus seulement pour la santé de l’esprit et du corps, mais aussi pour celle de la planète, donc de l’espèce. Ralentir, se poser, est une question de survie. Le coronavirus nous y aide à l’échelon collectif. Beaucoup disent que c’est une chance, et je suis d’accord avec eux.

Cependant, notre inquiétude congénitale (faut-il rappeler une fois encore la phrase de Pascal : « tout le malheur de l’homme vient de ce qu’il ne sait demeurer au repos, dans une chambre »?), que nous métabolisons volontiers en apologie de l’action, rend presque incompréhensible ce goût pour la quiétude dont (à la suite de tant d’autres) je me fais le chantre.

Pourtant, même la Bible va parfois dans mon sens. Car on y voit non seulement, après la création, Dieu instaurer le repos, mais on y entend aussi l’Ecclésiaste nous dire que « mieux vaut une pleine main de repos que deux pleines poignées d’efforts à la poursuite du vent *».

 * L’Ecclésiaste, 4, 6 (AELF)

Une réponse à L’Ecclésiaste et le repos

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