« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

J’ai lu ça dans un livre. L’auteur se demandait si Socrate avait souri après avoir bu la ciguë. Il avait l’air de dire que oui, mais il laissait l’interprétation en suspens.

En y repensant, et en admettant que ce sourire ait été vrai, il vient plusieurs hypothèses. Peut-être Socrate était-il soulagé de quitter ce monde et d’en avoir fini avec ses contemporains. Peut-être s’amusait-il de leur avoir joué un bon tour en se soumettant à leur condamnation. Peut-être encore éprouvait-il une sorte de joie à affronter en face une mort à laquelle il s’était préparé. Ou simplement était-il heureux d’être entouré de ses amis et disciples, et de passer un ultime moment avec eux.

Et dans ce cas, peut-être aussi entrait-il dans son sourire une part d’ironie. Car étrangement, le plus célèbre de ses disciples, celui qui avait le mieux noté ses dires et recueilli son enseignement, celui qui allait le faire passer à la postérité, Platon, était tombé malade et n’était pas là pour entendre ses dernières paroles.

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