« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

C’étaient des grues. Il y en avait peut-être une centaine. Elles tournoyaient au-dessus de la maison en trompettant bruyamment, à la recherche de courants ascendants qui leur permettraient de poursuivre leur course.

Elles ont tourné ainsi, pendant plusieurs minutes, dans un ballet très sonore qui avait quelque chose de majestueux et en même temps de gauche : de la force sans harmonie dans leur cri ; de la beauté sans élégance dans leur vol. Leur présence stationnaire et brouillonne, sur fond de ciel gris, a mis dans mon humeur une pointe d’inquiétude.

Puis sans qu’on ait distingué le signal ni celle qui l’avait donné, elles se sont remises en formation, une figure plus lâche et moins géométrique que celle des oies, et ont repris leur périple vers le nord.

 

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Fabienne Haxaire

Très beau texte et photo
Belle journée à vous Jean-Pierre

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