des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Il y a quatorze ou quinze ans, j’avais pris connaissance dans les pages scientifiques du Monde d’études entomologiques qui, s’intéressant à l’incidence du réchauffement climatique sur le voltinisme, c’est-à-dire sur le nombre de générations d’insectes qui se succèdent en une année, annonçaient que celui-ci avait tendance à augmenter, et parfois même fortement, de sorte que certaines espèces, au lieu de se limiter à un ou deux cycles de reproduction par an, pouvaient en connaître trois ou quatre : on craignait en conséquence une prolifération exponentielle des insectes en question. Sur la foi de ces informations, j’avais composé Le chant du vermisseau : « le thermomètre monte et moi je prolifère ». C’était un chant de vainqueur, narquois et triomphal.

Il est hélas maintenant établi que loin de proliférer, les insectes sont au contraire en train de disparaître, et plutôt massivement que peu. Même si, dans le vide ainsi créé, on constate que telle ou telle espèce particulière (en général nuisible) prospère et devient invasive, pour l’immense majorité des insectes, ils sont en train d’être anéantis.

Ma chanson propageait de fausses nouvelles. Elles n’étaient pas bonnes. Les vraies ne le sont pas non plus. Mon vermisseau vantard qui chantait : « sur ce globe qui chauffe à présent sans remède (…) / je sais qui du six-pattes ou du pauvre bipède / déambulera le dernier » reste coi. La réponse à son énigme s’est inversée.

Et tandis que les « six-pattes » auraient fort bien pu se passer du « bipède », la réciproque n’est pas vraie.

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