« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Dédale © kanoklik

C’était il y a fort longtemps, en Crète. Dédale avait construit le labyrinthe sans se douter que le roi Minos finirait par l’y enfermer. Prisonnier du lieu en compagnie d’Icare, son fils, il ne put en retrouver la sortie tant son ouvrage était bien conçu. Si bien qu’il se résolut à emprunter la seule issue possible : la voie des airs. Avec des plumes et de la cire, il confectionna des ailes, les ajusta sur son dos et celui de son fils. Et ils s’envolèrent.

C’était une sortie « par le haut ». Inédite, risquée, enthousiasmante. Mais grisé par le fait de voler, Icare s’approcha trop près du soleil. Trop de lumière, excès de chaleur. La cire fondit. Ce fut la chute.

Cette histoire m’a toujours fasciné. Je l’ai abordée dans ma chanson Comme Icare. Vous vous élevez dans la vie et « montez vers les nuages » dans l’espoir d’un jour « décoller et glisser dans l’azur ». Mais la réalité vous rattrape, et tôt ou tard vous voyez « les tristes sires qui font du sol un enfer fondre sur vos délires ». Vous retombez dans les rocailles. « Plus de mal que de peur ».

La chanson est pessimiste. Porte-t-on toujours le châtiment d’avoir voulu voler ? Non. Dédale, plus prudent, vola jusqu’en Sicile. Il prit de l’écart plutôt que de la hauteur. A bien considérer mon existence, c’est son exemple que j’ai suivi.

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Bertrand de Foucauld

L’homme, pour aller haut, ne peut le faire tout seul : sinon, effectivement, il chute! Mais s’il vole en harmonie avec le soleil, alors il peut aller jusqu’au jout de ce qu’il est. Comme un certain Arbon.

AGUERRE G.

Très joli commentaire!

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