des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

– Hmmm… Jean-Pierre… Comment vous dire ? La Fontaine / Brassens… J’ai assisté à la répétition tout-à-l’heure. Vous savez, vous allez donner une représentation devant des scolaires, et il y a quelques mots qui risquent de choquer. Les Américains sont très puritains, vous savez…
– Oui, je sais…
– Tenez, dans « les trompettes de la renommée », par exemple. Il y est question de salope.
– Exact. « Combien de Pénélopes / Passeront illico pour de fieffées salopes. »
– Eh bien… Vous pourriez peut-être juste faire lalala à la place…
– Mais ça rime avec Pénélope…
– Bien sûr, et je ne veux pas vous censurer, mais…
– Bon, laissez-moi réfléchir… Voyons… Si je disais par exemple : « Oh ! Combien d’Hermiones / Passeront illico pour de sacrées cochonnes », ça vous irait ?
– Oh, oui, ce serait parfait. Parfait !
– Mais Hermione, pour vos élèves, ça risque plus d’évoquer Harry Potter que la mythologie grecque, non ?
– Peu importe. Merci beaucoup !

Voici comment, dans l’imaginaire des cent cinquante lycéens qui ont assisté au spectacle, une gentille sorcière s’est substituée à l’épouse modèle d’Ulysse pour laisser entrevoir sa face cachée.

Une réponse à De Pénélope à Hermione

  • … et voici comment se répandent les ravages du politiquement correct ! Dans l’exemple que tu rapportes, on apprend que certains enseignants sont choqués par des mots, certes vulgaires mais terriblement familiers, que leurs élèves pourraient être amenés à connaître… alors que, sur Internet, l’accès aux sites pornos est acquis à tous les gamins de douze-treize ans. Voilà ce qu’est ce nouvel ordre moral : avant tout de l’hypocrisie !

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