des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Que cachent les Anglais sous leur sens de l’humour ? Des dispositions d’esprit étonnantes et pas toujours enviables, si l’on en croit Kate Fox, une anthropologue qui a consacré un livre, Watching the English (devenu semble-t-il un classique Outre-Manche), à l’étude du caractère de nos voisins et amis : une « propension perverse à l’esquive », une « incapacité à établir une relation directe et franche avec les autres », et même ce qu’elle nomme joliment une « constipation émotionnelle ».

Comme mes lecteurs l’imaginent aisément, cette dernière notion m’a réjoui. La vision d’un Britannique rubicond, assis sur le trône, le pantalon sur les chevilles, et patientant d’un air dégagé avant d’exprimer une crotte d’émoi, une minuscule noix de passion, s’est instantanément imposée à moi. C’était donc cela l’envers du flegme, la contrepartie de l’understatement : un naturel peu enclin à l’épanchement, une réserve presque pathologique, une tendance à camoufler en plaisanteries sur soi-même et sur ses semblables les grimaces provoquées par des ballonnements psychologiques douloureusement ambigus.

 

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