« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Nouvelles chansons

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de l’iPhone.
Ayant exploré plus avant les possibilités de cet appareil, j’ai décidé, avec la complicité d’Oji (le pseudo de mon ingénieur du son de fils), de l’utiliser comme source sonore dans mes prochains concerts.
Il est possible de charger sur un iPhone des éléments musicaux constitutifs de l’arrangement d’une chanson: un riff de guitare, un beat de percus, des notes de synthé. Ces éléments sont rassemblés dans un kit (un par chanson), à partir duquel on peut créer “live” des boucles et des séquences, tout en les mixant à volonté (volume et equalisation de chaque son, mute, reverse, etc).
Autrement dit, Oji va, aux commandes de l’iPhone, jouer le rôle d’un DJ en mixant les éléments sonores de la chanson au moment même où je serai en train de l’interpréter avec mes amis musiciens. Ce sera le quatrième homme, et non le moindre, qui m’accompagnera le 9 avril à l’Européen. A ma connaissance, un tel dispositif musical n’a encore jamais été utilisé sur scène. Ce sera une première.
Et dès ce soir, je vous convie à une avant-première puisque, après une dernière répétition très satisfaisante ce lundi, nous utiliserons l’iPhone dans mon concert de ce soir lors du festival Le Quesnoy en Chanteurs (Théâtre des Trois Chênes, 59530 Le Quesnoy)

Cette chanson a ses fans.
J’ai d’abord pensé qu’elle ne serait qu’une chanson de scène, c’est pourquoi j’ai tardé à en faire une version “studio” (je mets le mot entre guillemets, parce que le studio c’est chez moi).
Mais je m’y suis enfin décidé, et voici le résultat (attention: c’est une maquette non définitive, comme pour les autres chansons, dont beaucoup d’ailleurs ont évolué entre le jour de la première publication et aujourd’hui. Je signale cela aux curieux qui pourraient avoir envie de réécouter l’une ou l’autre).

Pour ceux d’entre vous qui sont curieux de la façon dont l’arrangement musical affecte le caractère d’une chanson, j’ai réalisé la petite “playlist” ci-dessous.
Il s’agit de “Familles”, une chanson candidate pour figurer sur le prochain album.
J’avais réalisé en septembre une première maquette, dénommée “familles2.1”, postée sur ce blog peu après. Mais je n’en ai jamais été véritablement satisfait.
Alors, récemment, j’ai remis l’ouvrage sur le métier. J’ai baissé la tonalité d’un demi-ton, accéléré le tempo, recherché sur l’ordinateur des ambiances plus contemporaines, et travaillé sur des voix. Cela donne la version “famillesv091.3” ci-dessous.

                                                               

La musique d’origine était d’Oscar Sisto. Pauvre Oscar! J’avais déjà bien maltraité sa composition la première fois, mais là, je ne sais pas s’il me pardonnera…

Un bouquet de nouvelles chansons

J’ai publié ici même (pour la Saint Valentin) les paroles de Sauf l’amour.
Voici la maquette audio, à écouter.
J’y ai travaillé avec Scott, comme d’habitude, avec le choix délibéré d’associer un refrain musical facile d’accès à une rythmique hip-hop, et de colorer cela musicalement avec des pads très doux, et une guitare rock, qui arrive au second plan comme un écho nostalgique au faux bonheur perdu…

Parmi les maquettes de “nouvelles” chansons que j’ai soumises à votre jugement il y a quelques semaines, il y en a une dont je ne pensais pas réellement que je pourrais la retenir pour mon prochain disque : Trucula Bonbon. Je jugeais cette chanson trop légère, pour moi c’était une pochade de jeunesse, dont je savais bien, certes, (depuis le temps que je la chante), qu’elle avait ses fans, mais qui ne me paraissait pas susceptible de se retrouver en première partie du classement.
Or vous êtes nombreux à la plébisciter.
Alors j’ai entrepris de remédier à un défaut que je lui trouve depuis sa naissance: celui d’être un peu longue. Dans le léger, il faut faire court. Je l’ai donc raccourcie d’un couplet.
J’attends vos avis!

Découvrez Arbon!

© AP Rebecca Blackwell

Cette photo illustre joliment l’Histoire de Kodjo le pêcheur.

Elle n’a pas été prise au Togo, mais au Mali. Sur le fleuve Niger, un pêcheur Bozo passe avec sa barque devant la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest, à Bamako.

En ces temps de crise, la chanson de Kodjo prend un relief assez particulier, et on m’a plusieurs fois demandé son texte: le voici.

Kodjo Bo pêcheur togolais
Tous les matins part à la pêche
Kodjo Bo pêcheur togolais
Prend trois poissons dans son filet
Les grille sur un feu de bois
Les partage avec sa famille
Les grille sur un feu de bois
Et la journée passe comme ça

Un Yankee qui passait par là
Lui dit -Pêcheur je vous observe
Un Yankee qui passait par là
Lui dit -Pêcheur ça ne va pas
Vous foutez rien de votre vie
Vous pourriez gagner des fortunes
Vous foutez rien de votre vie
– Comment ça, dit Kodjo surpris ?

-Mais mon vieux c’est très simple au lieu
D’aller pêcher pendant une heure
Mais mon vieux c’est très simple au lieu
D’pêcher une heure vous pêchez deux
Vous rapportez plus de poisson
– Ah ! bon ? dit Kodjo. Pourquoi faire ?
– Vous rapportez plus de poisson
Vous l’vendez, vous gagnez des ronds

Avec ces ronds vous vous payez
Une deuxième barque de pêche
Avec ces ronds vous vous payez
Votre cousin comme employé
Et c’est parti en quelques mois
Vous possédez une flotille
Et c’est parti en quelques mois
Des pêcheurs vous êtes le roi

Kodjo Bo Ame wu ga
Yankee kee akpé ka ka

– Mais avec autant de bateaux
Objecte Kodjo Bo perplexe
Mais avec autant de bateaux
Du poisson on en aura trop
– Non, on n’a jamais trop à vendre
Dément le Yankee qui s’indigne
Non, on n’a jamais trop à vendre
Il faut juste savoir s’y prendre

Tenez, vous prenez un camion
(Frigorifique si possible)
Tenez, vous prenez un camion
Et vous parcourez la région
Allez de marché en marché
Roulez de village en village
Allez de marché en marché
Fournissez le pays entier

– Ah! oui ! dit Kodjo. Et après ?
– Quoi, dit le Yankee qui s’agace ?
– Ah! oui ! dit Kodjo. Et après ?
– Et après ? Ben vous continuez !
Vous construisez une grosse usine
Vous y fabriquez des conserves
Vous construisez une grosse usine
Vous y emboitez vos sardines

La Kodjo Fishing Company
Se met à conquérir le monde
La Kodjo Fishing Company
Exporte jusqu’en Laponie
Elle devient une énorme affaire
Cotée à Wall Street et à Londres
Elle devient une énorme affaire
Et vous, vous voilà millionnaire

Kodjo Bo Ame wu ga
Yankee kee akpé ka ka

– Millionnaire ? dit le Togolais
– Peut-être milliardaire ! dit l’autre
– Milliardaire ? dit le Togolais
Mais combien d’années ça prendrait ?
– Oh ! Comptez bien vingt ou trente ans
En trimant dur et sans vacances
Oh ! Comptez bien vingt ou trente ans
L’argent ça se gagne durement

Mais tout le monde peut en avoir
Et là vous savez comment faire
Mais tout le monde peut en avoir
Sur ce, mon bon ami, bonsoir !
-Attendez, Yankee, attendez
Dites-moi une chose encore
Attendez, Yankee, attendez
Bon, je suis riche. Et puis après ?

-Et puis après ? Mais vous m’ faites suer !
Vous vous ach’tez une petite barque
Et puis après ? Mais vous m’ faites suer !
Vous faites rien ! Vous allez pêcher
Vous grillez sur un feu de bois
Un peu de poisson en famille
Vous grillez sur un feu de bois
Deux trois poissons et puis voilà !

Kodjo Bo Ame wu ga
Yankee kee akpé ka ka

C’est avec ce Coeur des Villes que prend fin cette exposition de “maquettes” de chansons, enregistrées dans la perspective de mon 3è album.

La première version était acoustique, mélodique: un classique “guitare-voix”. Et puis, au fil des séances de travail, et fort de vos premières réactions qui semblent privilégier celles de mes chansons qui bénéficient d’un traitement plus “électro”, c’est un morceau assez différent qui voit le jour.

Je me suis lâché. Merci à Scott, magicien des ambiances, et à Augustin, qui a réalisé ce premier mix.


Je ne suis pas du parti de Gide, je ne dis pas “Familles je vous hais”.
Je serais même plutôt du genre “Familles je vous aime”. Mais c’est quoi, une famille? La première zone (au moins pendant l’enfance) de contact entre soi et les autres. Alors, forcément, ça se passe plus ou moins bien…

C’est mon ami Oscar Sisto qui a mis ce texte en musique.

Il y a quelque temps, j’avais publié un billet reprenant cette forte pensée de Sir Winston Churchill: “les chiens nous regardent avec vénération, les chats nous regardent avec dédain, seuls les cochons nous considèrent comme des égaux”.

A quoi Jacques Langlois avait apporté cette précision judicieuse: “Certes, mais à la différence du cochon, tout n’est pas bon dans l’homme”.

Il n’en faut pas plus pour faire une chanson. Ce petit dialogue à distance entre Churchill l’Anglois et Jacques Langlois, je l’ai mis en musique. Et voici la différence du cochon.

Un bouquet de nouvelles chansons

(Pour noter la chanson: allez sur “ajouter un commentaire”, ou cliquez ici)


Le 28 mars 1757, sur la place de l’Hotel de ville (qui s’appelait alors place de Grève) à Paris, se déroula l’une des scènes les plus atroces et honteuses de l’histoire de France: le supplice de Robert-François Damiens, qui avait agressé Louis XV avec un couteau. A la plus extrême cruauté, la “justice” ajouta l’iniquité totale, avec l’arrêt concernant sa famille.

Quand j’ai lu cette affaire dans Michelet, j’en ai été frappé, et meurtri. Je me faisais jusque là l’idée d’un XVIIIè siècle français vif, éclairé, sensuel, intelligent, et je découvrais qu’à Paris, il y a 250 ans, le Parlement, c’est-à-dire les pairs de France, l’élite du pays, pouvaient décider d’une monstruosité pareille, et se repaître de son spectacle.

Comment faire savoir cela? Ou en d’autres termes, pour ce qui me concerne, comment chanter cela? J’ai plusieurs fois tourné autour du sujet, jusqu’à ce que je me décide à l’attaquer de front. Pas d’allusion, pas de commentaire. Les faits, juste les faits, et une musique d’époque d’une insondable et dramatique beauté. D’une certaine manière, cette chanson n’est pas de moi. Elle est de Michelet, et de Mozart.

Ames sensibles s’abstenir.

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