Les nouveaux carnets

Moitessier et nos âmes

1969. Bernard Moitessier allait être le premier à boucler une course autour du monde à la voile sans escale et en solitaire. Il avait quitté l’Angleterre, descendu l’Atlantique, franchi le cap de Bonne-Espérance, traversé l’océan Indien, puis le Pacifique, doublé le Cap Horn, et remontait vers l’Europe en longeant les côtes de l’Argentine, lorsqu’il changea brutalement

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Légion

Tardi, Voyage au bout de la nuit © Futuropolis/Gallimard Je vais sans doute faire de la peine à mon vieux père, qui en est chevalier, mais si l’on me proposait la légion d’honneur, je ferais comme vient de faire Tardi : je la refuserais. Je la refuserais par fidélité envers mon grand-père maternel, à qui

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Pluie

Il pleut depuis des jours. Chaque pierre est luisante. Chaque champ dégorge. Chaque vêtement est humide. Chaque paysage est morfondu. Froide, grasse, boueuse, la terre se couvre de flaques qui s’agrandissent en mares. Les cours d’eau débordent. La pluie tombe sur le pays, obstinée, opiniâtre. Dans sa prairie, un cheval résigné attend, tête basse. Il

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Camélia

Notre camélia d’Amou a fait une fleur unique. Toutes les autres en sont encore au stade de boutons. Cette fleur solitaire, précédant toutes ses soeurs comme une avant-garde ostensiblement déployée, porte une promesse glorieuse. Elle donne un avant-goût de l’épanouissement végétal à venir : d’ici trois à quatre semaines, l’arbuste, incendié de rouge, aura des allures de buisson

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Pensées de cigale

Vivre de son chant, c’est vivre de la générosité d’autrui. C’est faire confiance à l’autre, à la providence, à son étoile. C’est s’abandonner au présent. Ne pas se soucier du lendemain, ne pas thésauriser. Etre libre, léger, vulnérable. « Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans

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Une pauvre petite demi-heure

J’ai eu le vif plaisir d’être reçu par Pierre-Louis Basse dans son émission “A domicile” le 13 décembre dernier. Pierre-Louis ouvre la séquence finale qui m’est consacrée en s’écriant : « il nous reste une demi-heure, une pauvre petite demi-heure!… » C’était le quart de son temps d’antenne, c’était énorme, pourtant il s’excusait à l’avance

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