« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Moitessier

1969. Bernard Moitessier allait être le premier à boucler une course autour du monde à la voile sans escale et en solitaire. Il avait quitté l’Angleterre, descendu l’Atlantique, franchi le cap de Bonne-Espérance, traversé l’océan Indien, puis le Pacifique, doublé le Cap Horn, et remontait vers l’Europe en longeant les côtes de l’Argentine, lorsqu’il changea brutalement de cap, et fit à nouveau route vers le sud de l’Afrique. Il croisa un cargo, auquel il confia ce bref message (il ne disposait pas de radio pour communiquer) : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. »

Quitter la course, suivre sa voie, sauver son âme… Ce sont des mots qui me parlent. Ils parlent à beaucoup de monde, d’ailleurs, chacun peut les entendre. Le difficile, ce qui demande individuellement du temps et de l’effort, c’est de leur donner un sens véritable, un contenu concret, c’est-à-dire de trouver la manière de les mettre en acte(s) simple(s), dans sa vie. Si je ne cours plus là où l’on m’a dit de courir, où aller, et comment ? Quelle est ma mer ? Quel est mon bateau ? Que veux-je faire de mon voyage ? 

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les cafards

un sacré geste mais pas facile

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