« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Barjac : la cour du château (le jour suivant)

Nous devions jouer La Fontaine / Brassens dans le cadre magnifique de la cour du château. Mais il a plu. C’est donc sous le chapiteau prévu pour servir de repli que nous nous sommes installés.

Claude Juliette Faivre, en chroniqueuse avisée du festival de Barjac, a rendu ainsi compte de la chose : « Marie-Christine Barrault et Jean-Pierre Arbon vont de sauts en gambades dans les Fables de La Fontaine et les chansons de Brassens. C’est un régal que de voir se mêler l’art du fabuliste et celui du croque-note… J’avoue avoir un goût pour les textes de chansons recréés lorsqu’ils ne sont plus chantés… Ici c’était assez magistral ! Deux excellents comédiens…
Au passage, j’ai trouvé le spectateur un peu frileux, un peu coincé sous son masque sur ce coup là… J’avais tellement envie de fredonner, de bouger sur les chansons de Brassens…»

Le public de Barjac est un public particulier, en ce sens qu’il est composé d’amateurs de chanson française pour la plupart extrêmement avertis. Avec, concernant Brassens notamment, ceux qui acceptent qu’on le « revisite » (je crois que c’est la grande majorité), mais aussi ceux qui se posent en intraitables gardiens du temple face au plus petit changement de phrasé ou à la moindre altération d’une harmonie.

Ces derniers arguent que les chansons de Brassens étant parfaites dans leur écriture (texte et musique) ainsi que dans l’interprétation qu’en a donnée le maître, tout écart aboutit nécessairement à du moins bien. « On l’a bien vu hier soir ! » s’est exclamé l’un d’eux au cours d’une causerie avec Joël Favreau (le guitariste de Brassens) le lendemain du spectacle. Et un autre, résumant ce sentiment, écrit sur FB : « Brassens massacré ».

J’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’expliquer qu’à mon sens, mettre Brassens dans la continuité de La Fontaine (et sur un pied d’égalité avec lui), et jouer de leur proximité jusqu’à parfois les faire se confondre supposait de rapprocher leurs voix et leurs phrasés. C’est donc ce que j’ai fait. Et puis, quitte à chanter les chansons d’un autre, autant se les approprier et les chanter comme si soi-même on les avait écrites. Ça m’a d’ailleurs pris beaucoup de temps de m’écarter de l’interprétation originale pour en proposer ma propre version. Elles y ont pris des couleurs nouvelles et un aspect parfois inattendu. Je conçois que cela puisse surprendre, voire même en déranger certains.

Mais s’il est vrai qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, il arrive aussi qu’on ne déplaise pas à tout le monde non plus. « Une réussite exceptionnelle », « Fabuleuse soirée ! Un immense bravo ! » « Barrault, rayonnante… Arbon, que je découvre, magistral ! Merci pour cette soirée ! »

Ne négligeons pas les critiques, et surtout pas les bonnes.

 

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Éric Padieu

Ou pour reprendre la logique du billet du 19 juillet, même s’il a plu, ça n’a pas déplu 😉

AGUERRE G.

Je suis ravie que vous n’ayez pas déplu à tout le monde, mais plutôt le contraire!
Les critiques m’ont souvent désarçonnée et surprise à la fin d’un récital: là où je m’étais trouvée médiocre quelqu’un/e avait vibré d’émotion, là où j’avais cru donner le meilleur de moi-même on me disait “c’était sympa quand même”. J’ai appris à trouver mon plaisir dans le simple fait d’avoir chanté et être reçue.

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