« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »
J’ai eu le privilège d’intervenir lors du MBA de l’ESCP-Europe, et d’assister à la remise des diplômes vendredi dernier. Cette formation est une des plus réputées en son genre, et cette année c’est l’une des élèves de cette promotion qui a été élue “MBA student of the year” par le journal anglais “The Independent”.

Lors de cette cérémonie, j’ai été frappé par l’accent mis par les différents intervenants sur le fait que travailler dans une entreprise ne se limitait pas à accomplir des tâches à finalité économique. Tous insistaient sur les valeurs humaines, le lien social, le rôle nécessaire des sociétés privées comme lieu d’intégration, au-delà même de leur sphère naturelle de recrutement. A ces futurs managers, un ancien patron au parcours prestigieux lança: “Ne croyez pas que diriger une entreprise consiste seulement à enrichir les actionnaires. Vous devez vous soucier de tous les hommes et femmes qui vous entourent: collaborateurs, clients, fournisseurs. N’oubliez pas l’humain”. Sa parole portait d’autant plus que lui-même s’était mis à plein temps depuis quelques années au service d’ONG et d’organisations visant à lutter contre l’exclusion.

Tout en écoutant les discours, j’observais les diplômés : affublés à la mode américaine d’une toge et d’un chapeau carré à pompon, je ne pouvais m’empêcher de leur trouver un petit air de médecins de Molière. Et je me disais que la crise financière récente ayant révélé que certaines compagnies avaient été gérées par de véritables Diafoirus, on devrait peut-être enseigner aux managers aussi la première règle d’Hippocrate: primum non nocere, d’abord ne pas nuire.

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Prochains spectacles
Archives