des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Le billet de cent est une nouvelle chanson que j’ai écrite cet été. Elle est inspirée d’une histoire que j’ai entendue pour la première fois il y a quatre ans, au début de la crise des subprimes.

C’est en réalité une courte et saisissante leçon sur le rôle de la liquidité en économie. Soit une ville où chaque habitant doit de l’argent à un autre. Un étranger arrive, et injecte une somme dont chacun va tour à tour se servir pour rembourser sa dette. Une fois tout le passif épongé, il reprend ses billes et s’en va.


Le billet de cent (guitare voix)
par arbon

Je suis un billet d’cent bien plié dans la poche
D’un voyageur qui vient d’arriver
Dans une ville inconnue où – mon Dieu que c’est moche –
Tout le monde est endetté

Ce voyageur discret cherche un petit hôtel
Il en trouve un il entre : – C’est combien ?
– C’est cent, dit le taulier un gros type à bretelles
Et hop ! Je change de main

Je m’attends à atterrir dans son tiroir-caisse
Quand le taulier s’écrie : -Nom de d’la !
Le garagiste vient de réparer ma caisse
Je lui dois cette somme-là

Sitôt dit nous sortons l’aubergiste et moi-même
Après quoi des doigts pleins de cambouis
Se saisissent de moi avec un soin extrême
Ça me flatte ça me réjouit

Mais le garage devant cent thunes à la crémière
Et la crémière cent thunes au boucher
On m’échange on me prend on me touche on me serre
On me fait bien circuler

Le boucher, me palpant, s’avise qu’une dame
– Que nous dirons de petit’ vertu –
Ne lui a récemment pas facturé ses charmes
Il va lui régler son dû

Deux ongles longs vernis m’extirpent de sa bourse
Et je plonge dans les profondeurs
D’un corsage abondant où suspendant ma course
Je ballotte un bon quart d’heure

Mais la dame à son tour s’acquitte d’une dette
Contractée en louant le midi
Une chambre au taulier pour faire des galipettes
Et qu’il lui a fait crédit

Me revoici sur le comptoir de l’aubergiste
Lorsque mon voyageur du début
Reparait en disant qu’il trouve la ville triste
Il me rempoche et salut !

Solo

Maintenant admirez le tour de passe-passe
Que je viens sous vos yeux d’effectuer
Chacun avait des dettes de main en main je passe
Et hop ! tout est effacé
Sans que ça ait rien coûté

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