des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

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Elle s’appelle Arundhati Roy, elle est indienne, elle a écrit il y a une douzaine d’années un roman exceptionnel, l’une des plus belles lectures que j’aie jamais faites, “le Dieu des petits riens” (The God of Small Things, Booker Prize 1997). Elle milite inlassablement pour la paix, et à son engagement social s’associe une lutte contre les transformations radicales que les Etats et les grandes sociétés font subir aux populations et à leur environnement (atome, barrages). Elle se bat contre les dommages irréversibles que l’on inflige à la nature au nom d’un modèle de développement qui n’a pas d’autre moteur que l’argent et le profit à court terme. Elle dénonce la violence faite aux hommes et à leur habitat parce que cette violence est aussi source d’injustices, donc de violences en retour. Elle est effrayée qu’à aucun moment les esprits des dirigeants ne soient effleurés par l’idée que « la seule réponse valable au terrorisme est de résoudre les injustices qui l’engendrent ». Elle s’engage, elle lutte, elle s’expose, elle prend des risques. C’est une emmerdeuse, belle, magnétique, incroyablement déterminée, une empêcheuse de tourner en rond, et elle essaye précisément d’empêcher que tout ne tourne en ronds, en fric, au fond de quelques poches pleines puissantes et corrompues.

Dans une récente interview, un journaliste lui a demandé : – A quoi ressemble votre vie de tous les jours?
Elle a répondu : – Ma vie n’a, Dieu merci, rien d’une vie de tous les jours.

 

Source: http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110315.OBS9703/la-bombe-indienne.html

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