« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

A ceux qui seraient surpris de me voir innover avec un iPhone sur scène, je dois un peu parler de moi.

Avant de m’épanouir en artiste, j’ai été un homme d’entreprise que les nouvelles technologies ont toujours passionné. Je ne suis pas un “nerd”, je suis incapable d’écrire un programme, mais je me suis toujours posé la question de savoir comment les innovations informatiques pouvaient servir et enrichir la pratique d’un art ou d’un métier.

Dès la fin des années 70 (eh oui…), je me suis intéressé aux micro-ordinateurs, et j’ai sans doute été un des premiers cadres en France à en faire une utilisation quotidienne.


J’ai ensuite eu la chance d’arriver dans l’édition au moment où allaient se développer les premiers CD Roms, et c’est sous ma direction que  Flammarion est devenu le premier grand éditeur français à avoir un département multimedia, et aussi le premier à numériser et à archiver de manière structurée ses publications.


Puis j’ai créé les éditions 00h00, avec Bruno de Sa Moreira: c’était la première maison d’édition en ligne au monde, et la première entreprise à concevoir et à mettre au point un système de distribution payante et instantanée de fichiers numériques. Ceci parait très banal aujourd’hui, mais en 1997-98 on était encore très loin d’imaginer des sites comme iTunes. Nous avons eu droit à des articles dans le NewYork Times, Fortune, le Wall Street Journal, Time magazine, tant notre approche faisait sensation. Dans la foulée, j’ai été parmi les pionniers du livre électronique.


Lorsque la musique m’a rattrapé, j’ai écrit avec mon ami Michel Béra une comédie musicale, dont le titre original était “Web Love Story“, qui décrivait (dans l’esprit d’Offenbach mâtiné de Broadway) le monde des réseaux que nous étions en train de voir naître. Nous avions imaginé que les dieux de l’Olympe, ayant installé leurs pénates au coeur de la Toile, pouvaient désormais contrôler les faits et gestes des humains, anticiper leurs moindres désirs et faire leur bonheur ! Dix ans plus tard on pourrait monter la pièce telle quelle, cette fable sur le monde numérique n’a pas pris une ride.


Aujourd’hui vient l’iPhone… Il m’a fallu le temps de devenir artiste, de m’immerger dans la musique, de comprendre exactement ce que ce que je voulais, avant de pouvoir me poser à nouveau la question technologique qui, sans que je sache pourquoi, me poursuit depuis toujours.

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mister jukebox

Tiens alors du coup, en voyant ce reportage, j’ai pensé à toi et à ton fils

http://www.youtube.com/watch?v=ADEHmkL3HBg

arbon

Et oui. L’origine du monde, le centre de la toile, le principe de tout.

Marie Fpe

Et voilà comment d’un article sur les nouvelles techno et la toile on revient toujours à l’arachnéenne origine du monde (parfait bien sûr).

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