« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Lorsque après les mois d’hiver j’utilise à nouveau la douche extérieure de la maison, je la trouve envahie d’araignées. Autrefois je prenais un balai et les chassais. Plus maintenant. J’ouvre la porte, je passe un coup de jet sur le caillebotis, j’attends quelques instants que celles qui ont accroché leur toile sur le porte-savon ou les robinets sortent ou se déplacent, puis je me glisse sous la pomme en fichant la paix à toutes celles qui sont au plafond. J’ai plaisir à cohabiter avec elles.

Je me souviens qu’il y a une trentaine d’années, je m’étais rendu, en Bourgogne, dans un château qui avait appartenu à Balthus, et où vivait encore l’ancienne muse et compagne du peintre. Elle y séjournait dans la pénombre, n’entrouvrant qu’à peine rideaux et volets. Des toiles d’araignées pendaient de partout. — Il n’y a pas de meilleure façon de se préserver des mouches, disait-elle. L’araignée est l’insecticide le plus naturel qui soit.

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Bruno SERIGNAT

… sauf que j’ai une peur abjecte et totalement irraisonnée des araignées et que je ne saurais vivre sous le même toit qu’elles. Lorsque j’en trouve une chez moi (ce qui est fort rare), je ne peux rester en paix tant que je ne l’ai pas fait sortir au moyen d’un journal ou d’un linge car je ne tue jamais un être vivant (sauf, de temps à autre quelques bactéries agressives)…

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