des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Nous avons tiré les rois. Maman a été la reine. Je devrais dire the queen parce qu’alors qu’elle était plutôt mutique, elle s’est soudain mise à murmurer quelque chose en anglais. Elle disait, dans un souffle : « I’m a real poor woman… and all the other women are not my friends…they don’t like me. » J’ai répété, après elle, pour être sûr que j’avais bien entendu. — Is that what you said ? — Yes.

Maman n’a jamais été spécialement anglophone. — Pourquoi te mets-tu à parler anglais, Maman ? Et qu’est-ce que tu veux dire ? Elle a haussé les épaules, a fait une drôle de petite moue. — I don’t know. Puis elle a redit trois ou quatre fois : « I am a poor woman », et s’est mise à triturer son châle, en le regardant fixement.

Quelques instants après, elle a prononcé cette phrase étrange : « I have the strange and hard possibility to be happy ». Et elle est retombée dans sa torpeur.

 

 

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