« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Il y a deux façons de considérer une bibliothèque personnelle. L’une est d’y voir le lieu où s’assemblent, au fil du temps, les livres qu’on a lus. L’autre est décorative : on possède des livres qu’on n’a jamais ouverts et on étale sur ses murs une culture qu’on n’a pas.

La mienne se tient entre les deux. Les miennes, devrais-je dire. Ma bibliothèque de Paris s’est mélangée à celle de Claudine. Celle d’Amou contient surtout des livres qui viennent de ma mère. Cela fait beaucoup d’ouvrages que je ne lirai jamais.

Ça ne veut pas dire pour autant que je les ignore. Je sais, la plupart, quels ils sont, je connais leur titre, j’ai souvent une idée de leur genre, de leur époque, de leur auteur. Je les vois comme autant de fleurs plus ou moins séchées qu’il m’arrive de vouloir butiner.

« Là je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre, sans dessein, à pièces décousues », écrivait Montaigne. Je procède comme lui. Je saisis un volume, l’ouvre sur sa première page, et si le contact est bon, je m’aventure un peu plus loin, au hasard, en quête d’une phrase qui exhalera soudain son charme, comme un parfum longtemps contenu.

Cela suffit à mon plaisir. Je lis de plus en plus rarement un livre in extenso.

Les fragments me conviennent.

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Bruno SERIGNAT

Au long de ma vie, j’ai “collectionné” plus de deux mille livres fort divers (dont la moitié en anglais) mais depuis le premier confinement, j’ai confié les cent derniers achetés à ma seule liseuse. Ainsi, je compte bien emmener ma nouvelle bibliothèque partout où j’irai. En revanche, contrairement à toi, je lis tous mes livres dans leur intégralité… ou je les rejette d’emblée (quelques pages me suffisent alors).

Dernière modification le 1 mois il y a par Bruno SERIGNAT
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