Nous recevons chaque jour plusieurs demandes de programmation pour notre festival. Elles sont envoyĂ©es par les artistes ou par leurs tourneurs. Câest un exercice difficile et ingrat. Le taux de rĂ©ponses positives est extrĂȘmement faible en temps ordinaire, mais quand lâactualitĂ© accapare ailleurs toute votre attention, câest pire encore.
Cependant, jâai bien aimĂ© ce message, reçu hier :
« Quand l’arrivĂ©e du printemps est gĂątĂ©e par la folie, et mĂȘme si les bourgeons s’en fichent (âŠ) il est Ă la fois difficile de s’exprimer et difficile de se taire. (âŠ) On ne sait pas s’il est dĂ©cent d’annoncer des concerts, des disques, de faire son travail “comme si de rien n’Ă©tait”. Si on a le droit de parler “d’autre chose” que ce qui est en train de se passer, et en mĂȘme temps, de quoi et pourquoi parler si notre parole n’apporte rien de plus au brouhaha du monde ? (âŠ) Pourtant, c’est la poĂ©sie, la musique et ces manifestations merveilleuses de l’humain qui viennent Ă notre secours quand le monde part Ă vau-l’eau (âŠ) C’est sans doute un peu de lumiĂšre. (âŠ) Et cela aide sans doute celles et ceux qui en ont le plus besoin, car il paraĂźt que dans les abris, les gens chantent. »
Il Ă©mane dâune chanteuse nommĂ©e ChloĂ© Breillot. Sa jolie sollicitation assume son caractĂšre dĂ©risoire, sâexcuse (ce Ă quoi je suis sensible) dâajouter au brouhaha du monde, et rappelle qu’une petite chose comme le chant change parfois beaucoup de choses dans les cĆurs.



C’est sans doute une merveilleuse personne !