
Or, d’une certaine façon, il en va de même avec les ordures et les déchets industriels. Si avec mon usine, je pollue un terrain, j’en expulse de facto le paysan qui en était propriétaire. Je crache dans sa soupe, il n’en jouira plus.

Aujourd’hui l’espèce, avec la puissance technique dont elle dispose, perpĂ©tue ce mouvement d’appropriation Ă l’échelle de la Terre. Elle pollue, mais cette fois sans limite. FumĂ©es, gaz, ondes, radiations ne marquent plus d’espace prĂ©cis. Le lieu disparaĂ®t. Le sale ne crĂ©e plus du propre (au sens propriĂ©tĂ©) mais l’annule. Inaugurons-nous la dĂ©possession du monde ?
