des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Le succès de l’iPhone et l’arrivée prochaine de l’iPad ayant relancé l’intérêt autour du livre numérique, on me demande souvent ces temps-ci d’intervenir lors de tables rondes diverses et variées ayant trait au sujet.

Ce qui me frappe, et me consterne, c’est que rien n’a vraiment changé dans les mentalités des professionnels (éditeurs et libraires) depuis douze ans (date de la création de 00h00.com). J’ai même l’impression qu’on a régressé. 

Cela me fait penser à une scène à laquelle j’ai assisté l’été dernier. Nous étions dans l’île de Ferré dont j’ai déjà parlé, en Bretagne près de Saint Malo, où les marées ont de l’amplitude. Trois pêcheurs s’étaient installés sur un rocher peu après la marée basse. L’eau monta. Ils se dirent qu’ils avaient encore un moment devant eux, et prolongèrent la pêche. Erreur. Ils n’avaient plus pied pour rentrer. Deux d’entre eux ne savaient pas nager. Ils ne voulaient pas quitter leur rocher, et montèrent aussi haut qu’ils purent. Un quart d’heure plus tard, des vagues assez fortes battaient leurs chevilles. Ils firent de grands signes aux personnes qui regardaient cet étrange spectacle de la terre ferme. Les sauveteurs furent alertés. Pour finir, les pêcheurs durent abandonner non seulement le produit de leur pêche mais tout leur matériel, et se jeter à l’eau dans une mer agitée.

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C’est à peu près la façon dont l’édition se comporte vis-à-vis du numérique. Elle est désormais cernée de partout, sans vouloir bouger de son roc. L’incident de l’été dernier s’était heureusement terminé sans noyade. Ce ne sera évidemment pas le cas pour les éditeurs.

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