« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Les souvenirs rôdent
De l’aut’ côté d’ la rue
Mes nuits chez Maud
L’amour en fraude
Les mises à nu

Les ombres dansent
De l’aut’ côté d’ la rue
Soirs de Florence
L’amour en transe
Les corps à cru

Traces de grâce
Sur des bonheurs fanés
Comme le temps passe
Comme il nous a gâtés

Roulez jeunesse
Vers cet âge ambigu
Où passée l’ivresse
La vie vous laisse
De l’aut’ côté d’ la rue

frejus_ronis.jpg© Willy Ronis

Eclats de liesse
Sous des bonheurs transis
Comme le temps presse
Et comme il vous saisit

Quelques cafards
Aux charmes imprévus
Traînent ce soir
Sur le trottoir
De l’aut’ côté d’ la rue

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La Câline du Baron

La Câline est heureuse d’avoir échappé à la poubelle des “amours en vrac” et aux cafards !

arbon

Eh bien ces “cafards aux charmes imprévus” font écho au “sombre plaisir d’un coeur mélancolique”, de La Fontaine… Avoir le cafard peut être source d’un plaisir nostalgique.

Ceci dit, tu n’as pas tort d’entendre le mot au premier degré, dans son sens d’insecte. Dans une première version de la chanson, il y avait une poubelle, de l’autre côté de la rue, dans laquelle
on “posait son sac / d’amours en vrac”. De là à imaginer que des cafards (réels et figurés) allaient et venaient autour, il n’y avait qu’un pas que j’ai allègrement franchi.

Muriel

… Une petit précision : que je ne veux naturellement pas dire que certains mots seraient plus ou moins choisis pour leur rime, ce qui ferait injure au poète (!), mais bien que le mot “cafard”, sans
écho sonore dans la strophe, est d’autant plus mis en exergue à mes oreilles.

Muriel

J’aime aussi cette évocation pétillante des strates d’une vie amoureuse pleine d’ébats, mais… sa conclusion m’a un peu glacée. Il n’y a que toi, Arbon, féru d’insectes, pour imaginer un
accouplement de mots aussi paradoxal que le cafard et le charme !
Les cafards me rebutent c’est certain ; et le sens de la strophe à vrai dire m’échappe… Je prends mon Robert pour voir les différents sens du mot “cafard” au second degré : bigot, tartufe,
mouchard….
« Cafard », qui n’a pas de rime dans la strophe, est sûrement choisi à dessein ; apparaît-il pour faire grincer les charmes supposés vénaux du couple et détonner sur les souvenirs du narrateur ?
Qu’en dit le Baron chantant, ou sa Câline ?

Clo

De l’autre côté de la rue, avec son atmosphère de brume matinale sur fond de jazz, cette aquarelle du souvenir est une de mes préférées dans tes nouvelles chansons.

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