« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Un certain Paul Piff, chercheur en psychologie à l’université de ­Berkeley, a mené dernièrement une étude qui enfonce une porte à mes yeux grande ouverte : plus le niveau de richesse d’une personne augmente, plus ses aptitudes à la compassion et à l’empathie diminuent. Pour parvenir à ce résultat, une équipe de chercheurs a distribué 10 dollars à tous les participants , en leur disant qu’ils pouvaient soit les conserver, soit les partager, en tout ou en partie. Résultat : « les personnes qui avaient un salaire inférieur à 25 000 dollars annuels ont partagé 44 % de plus que les personnes disposant d’un salaire supérieur à 150 000 dollars.»

vieux grigou
Au Piff, face à cette étude, je me fais deux ou trois réflexions. Plus on est riche, plus l’on défend ses propres intérêts ? La belle trouvaille : on ne défend rien si l’on n’a rien à défendre. Mais peut-être faudrait-il inverser la cause et l’effet. Ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on manque de compassion. C’est parce qu’on manque de compassion que l’on devient riche. Faites systématiquement passer les autres avant vous, ne vous préoccupez jamais de vous-mêmes, vous ne courez aucun risque d’accumuler quoi que ce soit. La constitution d’un capital et la conservation durable de ses avoirs est incompatible avec une empathie excessive pour autrui.

C’est je crois la raison pour laquelle le Christ, deux mille ans avant Piff, disait qu’il était plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux.

Source : Le Monde

 

 

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