« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Il faudra un jour, si ce n’est déjà fait, recenser tous les poèmes et chansons qui font rimer automne avec monotone. De la Chanson d’automne de Verlaine (Les sanglots longs / Des violons / De l’automne / Bercent mon coeur / D’une langueur / Monotone) à la Jolie môme de Ferré (T’es qu’une feuille / De l’automne / Qu’on effeuille / Monotone), en passant par Colchiques dans les prés (La feuille d’automne / Emportée par le vent / En ronde monotone / Tombe en tourbillonnant), cette rime ultra riche parait irrésistible, tant les deux mots s’attirent dans l’assonance et le rythme égal de leurs o. L’accord des sons est intense.

La rime cherche aussi à faire sens. En associant automne et monotone, elle éteint les lumières contrastées de l’été, et ramène le jour à une uniforme grisaille. C’est vrai les jours de pluie. Mais quand il fait beau ?  « On entrait dans l’automne / Quand la précaution aux voyageurs est bonne : / Il pleut ; le soleil luit » écrit joliment La Fontaine dans Phébus et Borée. Tapez couleurs d’automne sur votre moteur de recherche : ce n’est pas la monotonie qui s’impose au premier coup d’oeil.

couleur d'automne

(Au passage, rendons hommage au malin Jules Laforgue qui écrivit une Complainte de l’automne monotone en s’abstenant de faire rimer explicitement les deux mots.)

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