La cérémonie de remise des prix Nobel s’est tenue samedi 10 décembre à Stockholm, et l’article du Monde qui en a rendu compte m’a plu. L’événement était marqué par l’absence de Bob Dylan, alors même que le choix de le décerner cette année à un chanteur était contesté par un grand nombre de personnes qui se font de la littérature une idée très au-dessus de la ritournelle.
Or (je cite l’article) pendant la cérémonie, l’académicien Horace Engdahl a défendu un choix « audacieux », rappelant que « dans un passé lointain, toute la poésie était chantée ou récitée, les poètes étaient des rapsodeurs, des bardes, des troubadours, la poésie venait de la lyre ». Bob Dylan, c’est comme si « l’oracle de Delphes lisait à haute voix les nouvelles du soir », lance-t-il, avant d’enfoncer le clou, sourire en coin : « Si les gens du monde littéraire grognent, rappelons-leur que les dieux n’écrivent pas, ils dansent et ils chantent. »
Eût-on dit qu’Homère aurait été indigne du prix Nobel de littérature, au motif qu’il n’avait rien mis par écrit, et que l’Iliade et l’Odyssée sont divisées en chants ?
Bien vu, bien dit, comme toujours!