des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

​Dans un article encore intitulé françois, la première édition de l’Encyclopédie proposait, sous la plume de Voltaire, une réflexion sur notre langue et ses admirables qualités.

« Le génie de cette langue est la clarté & l’ordre : car chaque langue a son génie(…) Le françois n’ayant point de déclinaisons, & étant toujours asservi aux articles, ne peut adopter les inversions greques & latines ; il oblige les mots à s’arranger dans l’ordre naturel des idées. On ne peut dire que d’une seule manière, Plancus a pris soin des affaires de César ; voilà le seul arrangement qu’on puisse donner à ces paroles. Exprimez cette phrase en latin, res Cæsaris Plancus diligenter curavit ; on peut arranger ces mots de cent-vingt manières sans faire tort au sens, & sans gêner la langue. »

Si Voltaire le dit… Mais outre que « l’ordre naturel des idées » me parait largement déterminé par la syntaxe de la langue dans laquelle ces idées s’expriment, j’ai du mal à comprendre en quoi être restreint à une possibilité unique est supérieur au fait d’en disposer de cent-vingt.

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