« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

La Terre est une grosse toupie, qui tourne très vite sur elle-même tout en oscillant très lentement sur son axe. Comme nous nous tenons à sa surface quand nous regardons le ciel, les étoiles, à cause de cette oscillation, ne restent pas exactement à la même place d’une année sur l’autre. Le ciel bouge. En un siècle, il s’est décalé d’1 degré 23 minutes d’angle. C’est ce qu’on nomme joliment la précession des équinoxes. Il faudra 26000 ans * pour qu’il reprenne la même position.

Lorsque j’étais plus jeune, ce phénomène me laissait rêveur. Non pas sa réalité astronomique, que j’appréhendais mal, mais les associations d’idées que son nom évoquait. J’assimilais précession et procession. Je voyais les équinoxes comme une file infinie de longues dames évanescentes. Cependant, au lieu qu’elles se suivent, elles se précédaient les unes les autres, de sorte que tous les six mois, celle qui arrivait en dernier se plaçait en tête, tournant le dos à ses sœurs, pour s’insérer dans un ballet cosmique où toutes, simultanément, sur un pas ressemblant au moonwalk, reculaient en donnant l’impression d’avancer. Leurs robes étaient taillées dans des aurores boréales, et elles glissaient ainsi, belles et mystérieuses, sur fond nocturne, comme des fées.



* Nombre de siècles pour une rotation complète : 360°/1°23’ = 260 environ

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