« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

« C’est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source » est une citation de Jaurès dont Laurent Fabius avait fait le titre d’un de ses livres. Voilà bien une trouvaille de politique. Avec ce genre de phrase on justifie ce qu’on veut. Je suis fidèle à la gauche en partant à droite, notamment.

Le piège de cette affirmation de sophiste réside dans son apparent bon sens. Mais que signifie ici le mot fidélité ? Qu’est-ce que la fidélité d’un fleuve ? Un fleuve coule, c’est sa nature, sans choisir d’être fidèle ni à sa source ni à quoi que ce soit. Pour expliquer qu’il va de l’amont vers l’aval, on pourrait aussi bien invoquer la volonté du fleuve, ou la détermination du fleuve, ou la docilité du fleuve, ou le fatalisme du fleuve, et varier à l’envi les concepts : c’est joli, mais c’est n’importe quoi.

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Céphéides

Parfaitement exact : c’est à de telles affirmations qu’on reconnaît la majorité des politiciens (un scientifique osant de pareils contresens et/ou approximations serait immédiatement débarqué de la tribune). Hélas, plus la “démocratie” avance, plus on a droit à ce genre de littérature. Dernière citation glanée dans un quotidien du matin, cette phrase exemplaire d’un député PS : “C’est avec le vivre ensemble qu’on va pouvoir vraiment vivre ensemble”…

Langlois

Et donc la femme noyée de La Fontaine, celle qui remonterait le courant, ne le ferait pas seulement par esprit de contradiction mais aussi parce qu’elle serait infidèle?

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