« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Après lecture de mon précédent article, l’ami Bruno S., médecin de son état, pose le diagnostic que c’est mon hippocampe qui fait des bulles. Mon incapacité à « pérenniser et orienter mes pensées » serait due au vieillissement de cette partie profonde de mon cerveau.

Je crains qu’il n’ait raison. Ayant parcouru depuis hier quelques pages de littérature médicale sur le sujet, j’y ai trouvé, comme de bien entendu, matière à renforcer son hypothèse (mais je suis comme tout le monde, et si je lis la liste des effets indésirables d’un médicament qu’on m’administre, j’aurai tendance à en découvrir qui m’affectent dont j’ignorais jusque là l’existence). Bref, Alzheimer me guette, et mes neurones se mettent à avoir des ratés.

Cependant, fixer mes pensées m’a toujours été difficile. J’ai dit ici depuis fort longtemps que j’avais l’esprit désultoire, et m’en suis réjoui. Mais peut-être ai-je pris pour une manifestation d’agilité mentale ce qui était le signe avant-coureur d’une défaillance. Si la fatigue de l’hippocampe est la cause de ces distractions, il se peut que le mien, de naissance, soit fourbu.

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AGUERRE G.

C’est aussi le propre des artistes, l’esprit désultoire. Ou plutôt qu’ils/elles se le permettent: au détour d’un détour bien de choses inespérés nous viennent, et la création est faite de ça. En musique, comme en littérature, comme en arts plastiques, le plus grand effort est de ne pas fermer les portes à “l’imprévu merveilleux” (c’est une expression des conteurs traditionnels) 😘

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