des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Nous faisions une promenade en famille, dans les Vosges. C’était un parcours de plusieurs kilomètres, et les neufs marcheurs que nous étions ne progressaient pas tous à la même vitesse. Après une montée raide et pierreuse de près d’une heure dans une épaisse forêt, nous nous étions scindés en trois groupes. Les deux premiers se retrouvèrent au sommet. Mais le troisième n’arrivait pas.

Au bout de trente minutes, l’inquiétude monta. Interrogés, des randonneurs qui empruntaient le même chemin que nous n’avaient vu aucune trace des manquants. Quelqu’un fut d’avis d’appeler la gendarmerie. Moi je tentais plutôt de joindre ma belle-sœur disparue et sa fille. Mais l’endroit était isolé et il n’y avait pas de réseau.

L’attente se prolongeait. Les plus sportifs de l’équipe décidèrent de partir à leur recherche et de redescendre le chemin. Je m’éloignais de notre halte, les yeux rivés sur mon téléphone, en quête d’une connexion. Je finis par l’obtenir. Un message s’afficha. Au sortir de la forêt, les disparues avaient inexplicablement coupé à travers les alpages. Elles grimpaient vers le sommet suivant, en haut duquel se trouvait une auberge, où elles se proposaient de nous attendre en mangeant une tarte aux myrtilles.

Quelqu’un suggéra à nouveau d’alerter les gendarmes. « Pour quoi faire ? – Pour les prévenir qu’elles ne sont pas perdues. – Mais on ne les a pas appelés. – Oui, mais on a failli le faire. »

On ne donna pas suite à cet étrange raisonnement. Une heure plus tard, tout le monde était réuni. Ce fut une razzia sur les tartelettes.

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