Jour de silence
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Tout va sous terre et rentre dans le jeu, dit Paul Valéry. Et encore : Ils ont fondu dans une absence épaisse, L’argile rouge a bu la blanche espèce, Le don de vivre a passé dans les fleurs… Pas mieux…
Je reprends aujourd’hui un des tout premiers articles de ce blog : Paradis perdu. C’est la chanson préférée de mon père. C’est chantée par lui que je l’aime. Elle date de 1939, et quand je l’entendais la chanter, je pensais que ce Paradis perdu c’était celui de l’avant-guerre, de son enfance, de tout un monde
Paradis perdu (bis) Lire la suite »
Nous marchions sur un sentier étroit qui se perdait sous les fougères. Chacun de nos pas venait troubler l’activité d’une faune étrange. Une limande de terre sortait d’une flaque en rampant sur le sol, et tenait dans sa gueule une minuscule pieuvre mauve. Un lézard à carapace s’abritait sous une feuille rouge. Des poissons-vers roses
Faune inconnue Lire la suite »
Un toit rouillé, un réverbère, un fil électrique. Des lignes immobiles tirées sur un ciel laiteux. Un silence vaguement figé, un calme qui s’éternise. Il règne là une réminiscence anachronique de far-west. On pourrait entendre, au loin, le hennissement d’un cheval. (Photo prise, cet été, à la gare d’Orthez.)
Atypique. C’est le mot qu’ils emploient. Et même : tout-à-fait atypique. « Votre père a un profil de patient tout-à-fait atypique ». Les médecins ne comprennent pas comment il n’est pas encore mort. Un gros cancer tardivement détecté il y a douze semaines ; une insuffisance cardiaque grave compliquée d’œdèmes pulmonaires ; trois chocs septiques
Monsieur Ötzi, mort il y a 5300 ans dans la montagne autrichienne d’une flèche tirée dans son dos, était un homme élégant. Il soignait ses tenues : jambières en cuir de chèvre, pagne en cuir de mouton, carquois à base de peau de chevreuil, lacets en peau de boeuf, manteau composée de cuirs de chèvre
Ötzi l’élégant Lire la suite »
Les pompiers et le Samu avaient décidé de la jouer grand spectacle. Une évacuation de Papa, avec perfusions et bonbonne d’oxygène, par la fenêtre de sa chambre, et une descente du quatrième étage au rez-de-chaussée par la grande échelle, sur un brancard suspendu dans le vide, façon monte-meubles, avant de filer vers l’hôpital. On vit
Grande échelle Lire la suite »
Il est dans son lit, très faible, il respire mal, il entend mal, il n’y voit plus. Ses quatre-vingt quinze ans l’écrasent, il se concentre sur son fragile reste de vie. Il ne souffre pas. Il attend. Quand je lui propose d’allumer la télévision : — Je suis presque aveugle, me dit-il. Ça ne sert