des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

La hyène dont il a été question en début de semaine m’a remis en mémoire une étonnante série de portraits du photographe sud-africain Pieter Hugo que j’avais découverts il y a trois ou quatre ans.

Hugo raconte qu’un de ses amis lui avait envoyé un jour une photo d’un groupe d’hommes déambulant dans les rues de Lagos, au Nigeria, avec des hyènes qu’ils tenaient par des chaînes. On disait qu’il s’agissait de voleurs, ou de dealers, ou de personnes chargées de collecter les dettes… Les rumeurs allaient bon train sur leur passage, tant ils frappaient l’imagination.

Obsédé par cette image, Hugo partit à leur rencontre. Il s’avéra que ces gens étaient en réalité des saltimbanques, une sorte d’équivalent des montreurs d’ours européens de jadis. Ils parcouraient le pays, paradant dans les rues des villes pour distraire les populations, et profitaient de leur numéro pour vendre quelques potions traditionnelles qui préservaient de l’agression des bêtes féroces, ainsi que d’autres décoctions, également de leur fabrication, qui soignaient les morsures de serpent, la typhoïde, la syphilis, et permettaient de se protéger des mauvais sorts et des envoûtements. A les en croire, ils disposaient même d’une poudre ayant le pouvoir de rendre invisible. Mais cela, aucune photo n’a jamais pu en rendre compte.

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Hyena man © Pieter Hugo

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