des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Grâce au livre de Valérie Trierweiler, qui m’y a fait songer par de paradoxales associations d’idées, j’ai relu Bérénice. Mon Dieu, que c’est beau !

Et par la même occasion, j’en ai lu la préface. On avait fait reproche à Racine qu’il ne se passait pas grand chose dans sa pièce : juste l’engrenage psychologique des questionnements des personnages, dans une parfaite unité de temps de lieu et d’action. Il répond cette chose admirable (qui devrait être méditée par tous les scénaristes de blockbusters à Hollywood) : « Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie (…) »

Voilà. Notre auteur a trente ans, il est sûr de lui, il affirme l’essence de son art. Et pour mieux enfoncer le clou, il poursuit : « Quelle vraisemblance y a-t-il qu’il arrive en un jour une multitude de choses qui pourraient à peine arriver en plusieurs semaines ? Il y en a qui pensent que [la] simplicité est une marque de peu d’invention. Ils ne songent pas qu’au contraire toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien ».

anne-marie_duff_berenice_stephen_campbell_moore_titus_pic_b.jpg

Faire quelque chose de rien : est-il plus belle définition du travail de créateur ? Un oeil, un pinceau, une toile ; une oreille, un instrument ; une plume, un papier, et de l’imagination. Pour écrire une tragédie, Racine veut « une action simple, soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l’élégance de l’expression.»

Si l’on examinait sur ces critères l’ouvrage de l’ex first girlfriend, mise à part la violence des passions, le reste n’y est pas. (Quant à Titus, difficile de lui trouver des points communs avec François Hollande, sauf peut-être au détour de cette confidence :  Mon règne ne sera qu’un long bannissement).

 

Une réponse à Quelque chose de rien

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Archives