des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Maman a emprunté un livre à la bibliothèque de sa maison de retraite. C’est un polar suédois (L’heure trouble, d’un certain Johan Theorim) qui se passe dans une maison de retraite. Elle m’en lit à voix haute les dernières pages. On comprend qu’il y a eu des morts qui n’étaient pas toutes naturelles, car quelqu’un demande aux pensionnaires s’ils ne souhaitent pas que désormais le corbillard passe plutôt par la porte de derrière. – Non, décident-ils, le voir aller et venir, cela nous fait de l’animation, déjà qu’il n’y en a pas beaucoup…

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Il est ensuite question de greniers où sont entreposées les planches qui servent à fabriquer les cercueils, et dont le stock diminue à toute vitesse, alors que se font entendre des bruits bizarres, la nuit. -Peut-être des trolls, hasarde un personnage.

Je n’écoute pas vraiment l’histoire, j’écoute la voix de Maman en train de lire. Elle aussi est concentrée sur la lecture : on dirait qu’elle prend ça comme un exercice physique, comme un travail pour sa vue et sa respiration. L’histoire, elle s’en moque comme moi, elle lit sans mettre aucun double sens dans ses intonations, et, n’était ce curieux regard qu’elle vient de me lancer par-dessus ses lunettes, semble comme étrangère à sa propre situation.

Une réponse à L’heure trouble

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