Fausseté et imposture

Voici une situation dans laquelle je me retrouve souvent : j’emploie un mot qui me paraît clair, et soudain, l’ayant considéré de près, il me devient étrange, et je m’aperçois qu’en fait je ne sais quasiment rien, ni de la chose qu’il désigne, ni de lui.

C’est ce qui m’est arrivé avant-hier. Après avoir parlé de braguette, je me suis interrogé : qu’est-ce que tu connais vraiment de la braguette ? Quelle est son origine, son histoire ? Et quelle est l’étymologie du mot ?

Sur ce dernier point, Wikipedia nous dit que braguette (de même que bérêt et tonneau), fait partie des quelques mots de la langue francaise qui dérivent directement du gaulois. (C’est cohérent avec le fait qu’il est fréquemment associé à des gauloiseries.)

Pour la chose elle-même, je ne vais pas recopier l’encyclopédie : que chacun, si ça l’intéresse, la consulte. Je relèverai simplement que la braguette apparaît à la fin du Moyen-âge, lorsque les hommes cessent de porter des robes et que les vêtements raccourcissent. A l’origine, nous dit Wikipedia, c’est une sorte de poche, dans laquelle il n’est pas rare qu’on range son mouchoir, ni qu’on cache sa bourse (dans les deux sens du terme, je suppose), voire même (et c’est plus étonnant) qu’on fasse mûrir des fruits. De préférence des noix ou des prunes, supposé-je encore.

braguette.jpg

Du coup, l’endroit gonfle jusqu’à de prétentieuses proportions, et finit, sous François Ier et Henri II, par figurer un sexe en érection, ce dont Montaigne ne manque pas de se moquer dans les Essais : d’abord en critiquant « cette vaine et inutile pièce moulant un membre que nous ne pouvons pas seulement nommer honnêtement, dont toutefois nous faisons ostentation et parade en public » (Livre I,13), puis en s’interrogeant sur l’utilité de « l’exposition que nous faisons maintenant de nos parties génitales sous nos culottes, et souvent, qui pis est, au-delà de leur grandeur naturelle, par fausseté et imposture » (III, 5).

Passé le XVIè siècle, la mode change. Les choses, si j’ose dire, rentrent dans le rang. Au XVIIIè siècle « la braguette sera remplacée par le pont sur la culotte de l’aristocrate. Pour les autres classes sociales, elle prendra l’aspect d’une fente à l’avant du pantalon fermée par des boutons. »

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Servigne

Voici une trentaine d’nnées,la mode imposa des jeans »moule burnes »,
qui faisait de la braguette des jeunes males un renflement décoloré
et trés suggestif. Ce tratement maso des organes génitaux n’était pas
sans conséquence sur la fertilité .(couilles trop réchauffés)