des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Certains vignerons grecs ne manquent pas d’humour. Ils vendent un vin rouge, fort agréable d’ailleurs, sous le nom d’Amethystos. Mέθυστος, dans la langue d’Homère, c’est celui qui est ivre ; ἀμέθυστος, avec l’alpha privatif, c’est celui qui ne l’est pas.

Ayant appris cela en buvant une de ces bonnes bouteilles en compagnie d’un Grec, je me suis demandé quel rapport il pouvait y avoir entre le vin et la pierre du même nom. Mon camarade de boisson l’ignorait, mais pas Wikipedia : l’améthyste « aurait été ainsi nommée parce qu’elle a la couleur du vin coupé d’eau ». Coupé d’eau, donc moins fort en alcool, donc éloignant l’ébriété.

C’est ainsi qu’on attribua dès l’antiquité à l’améthyste la vertu de préserver de l’ivresse. Puis, poussant l’idée un peu plus loin, on a pensé que des coupes et des calices taillés dans cette pierre avaient le pouvoir de neutraliser les drogues éventuellement contenues dans une boisson (souvenons-nous que les empoisonnements sont restés en vogue pendant de très nombreux siècles). Et de nos jours, en lithothérapie, on l’utilise toujours pour éliminer alcool et toxines, ainsi que pour combattre les maux de tête et les dépendances.

Il existe même un élixir d’améthyste, dont un site spécialisé nous informe qu’il est indiqué « pour les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes et pour augmenter la confiance en soi ». Ces personnes, qui autrement, et pour les mêmes raisons, auraient eu tendance à boire du vin, peuvent se procurer une fiole de 20 millilitres de ce breuvage dans certaines officines moyennant une quinzaine d’euros. Certes, ça met le liquide au prix d’un très grand cru, mais qu’importe le flacon pourvu qu’en l’occurrence on n’ait pas l’ivresse ?

 

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