Mon article « Les enfants d’Hitler » a Ă©tĂ© repris des centaines de fois sur le web. La grande majoritĂ© des personnes qui l’ont lu l’ont, me semble-t-il, parfaitement compris. Certaines, hĂ©las, non.
Pour que les choses soient claires, en me faisant l’Ă©cho de l’indignation de Gideon Levy, je ne cherche pas Ă suggĂ©rer que le mal serait d’un cĂŽtĂ©, et le bien de l’autre. Je ne fais que clamer (inutilement) mon effroi devant la haine et la bĂȘtise. Ce sont elles qui me terrifient. Or elles sont partout. Chez les Juifs, chez les Arabes, chez les Allemands, chez les Gaulois, chez les Zoulous, les Tonkinois, les Patagons : chez les hommes. Lorsqu’il y a quelques mois j’ai Ă©tĂ© tĂ©moin d’une manifestation oĂč l’on scandait dans les rues de Paris « La shoah on s’en fout ! », ça m’avait Ă©pouvantĂ© de la mĂȘme maniĂšre que les propos abominables (rapportĂ©s dans Haaretz, c’est Ă noter pour l’honneur de la presse en IsraĂ«l) tenus par des femmes israĂ©liennes sur la mort d’enfants palestiniens.
Ceci dit, j’aurais peut-ĂȘtre mieux fait de ne rien Ă©crire sur le sujet. Eternel dĂ©bat : soit on prend parti, on s’engage, et l’on risque d’aggraver les choses en alimentant l’engrenage du bruit et de la fureur ; soit on se tait, on ne fait pas de remous, en espĂ©rant que, peut-ĂȘtre, les choses finiront par se calmer. Je penche ordinairement pour la deuxiĂšme attitude. Mais dans certaines rares circonstances, je n’y tiens plus.
En partageant mon article sur Facebook, un certain Jean-Claude Grosse a Ă©crit : « abominables rĂ©actions ; les mettre en avant c’est peut-ĂȘtre aussi ajouter de la haine contre celles et ceux qui sont contents de la mort des enfants des “ennemis” ».
Je crains qu’il n’ait raison. L’article a Ă©tĂ© viralement populaire, en partie certes parce qu’il prĂŽne la tolĂ©rance et la compassion, mais certainement aussi parce que les propos qu’il relate attisent l’indignation et le dĂ©goĂ»t.
Que faire ?
© Filippo Montefortea / AFP

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