des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

C’était le patriarche d’une famille dont j’ai été très proche, et que je garde toujours dans mon coeur. Roland Hubert, de son vrai nom Hubert de Clausade, fut un des plus grands producteurs de spectacles de variétés des années 60, 70 et 80. De Jacques Brel à Thierry Le Luron, de Gilbert Bécaud à Serge Lama, de Julien Clerc à Léo Ferré.

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C’est lui surtout qui a osé produire Starmania en 1979, au Palais des Congrès. Autour de l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, il réunit une distribution devenue légendaire (Daniel Balavoine, France Gall, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault), et fait venir de Broadway le metteur en scène de Hair. Mais Starmania était aussi une de ses grandes frustrations : en 1979 le Palais des Congrès n’était libre que pour un mois. Jamais il ne lui fut possible par la suite de reprendre le spectacle tel qu’il l’avait créé.

Je garde le souvenir d’un homme courtois, exigeant, malicieux, et sous un abord parfois austère, vif et curieux de tout. Il était arrivé à ce métier en montant des spectacles pour soutenir des associations de familles de victimes de guerre, à la suite d’un voeu qu’il avait fait en 1944, lorsqu’une action du réseau de résistance auquel il appartenait l’avait laissé pour mort. Il aimait être utile. Il aimait les artistes. Il aimait le public. Il n’était pas intéressé par l’argent.

Hubert de Clausade est enterré ce matin. Jamais je ne l’ai appelé par son prénom. Monsieur s’imposait, non seulement parce que c’était l’usage, compte tenu de la différence d’âge, de l’époque, et de nos milieux, mais aussi parce que c’était l’impression qu’il me faisait, évidente, naturelle, indiscutable : celle d’être un Monsieur. Un Monsieur que je ne saurais quitter sans aller embrasser les siens, ni sans lui dire, à lui, une dernière fois, avec respect et affection : – Au revoir, Monsieur. Et merci.

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