« loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais »

Nous assistons à un concert symphonique. Au programme : Schubert et Brahms. Notre position de spectateurs est assez inhabituelle : nous sommes placés juste derrière les violoncelles, en contrebas des contrebasses, ce qui nous offre un point de vue original, du côté des graves et de la rythmique, en plein sous le regard du chef.

Alors que je me laisse peu à peu prendre par la force de la musique et toutes les sensations lointaines qu’elle ranime en moi, ma pensée échappe doucement à mon contrôle, et tout-à-coup, tout entière, elle se concentre sous l’aisselle d’une violoncelliste, dans une portion de chair nue aux lignes fermes et délicates qui dépasse de son bustier. Le velouté de la peau, le délié de l’épaule, l’exquise confluence du bras du dos et du sein, la tonicité élégante des muscles, toute cette fraction de corps intime vibre et vit de musique.

violoncelliste

Une musique incarnée, rendue visible par la grâce de mouvements souples et lumineux, tendue vers la beauté qui naît, meurt et renaît dans le temps qui passe.

 

PS : aujourd’hui débute le festival d’Avignon. Villon la Vie s’y jouera au théâtre de l’Ange tous les jours à 18h35 jusqu’au 26 juillet. Je le dis une fois encore : j’incite sans réserve ceux qui le peuvent à aller (re)découvrir le testament de Villon, ce texte torrentueux, drôle, irrespectueux, sensible, magnifique, écrit en 1461 « en l’an trentième de son âge » par un génial poète, et interprété par le virtuose des mots qu’est Michel Arbatz.

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