Un de mes amis sur Facebook, garçon brillant accomplissant une brillante carrière, poste une photo que je ne reproduirai pas ici. Elle est visiblement prise de l’intérieur d’une chambre luxueuse, face à une baie célèbre, à l’autre bout du monde. Un magnifique voilier mouille non loin de là. Au premier plan, sur le balcon, vue de dos, vêtue d’une robe légère dont le soleil révèle la transparence à contrejour, se découpe la silhouette gracieuse et légère d’une femme qu’on devine d’une grande beauté. Tout dans cette image dit : j’ai tout. Tous les attributs du bonheur.
C’est beau, c’est pathétique. C’est un total cliché. Il y a sans doute encore sur une table près du lit une bouteille débouchée d’un Champagne de grande marque. Il se défendrait probablement de ce que je vais dire, mais voici ce qu’il pense : je suis là, j’ai tout, je ne peux rien avoir de plus, je suis au sommet de ma réussite, c’est moi, c’est bien moi, je vais le montrer à tout le monde et mettre la photo sur ma page, et quand mes amis m’enverront des like et des waouhs !, alors peut-être que se dissipera cette sourde tristesse, cette vague nausée, c’est peut-être le champagne, il n’était pas tout-à-fait assez frais, avec le décalage horaire nous n’aurions pas dû en boire autant.
vanitas vanitatum sed omnia vanitas