« Je n’ai presque jamais eu de chagrin, encore moins d’ennui. Ma machine est si heureusement construite, que je suis frappé par tous les objets assez vivement pour qu’ils puissent me donner du plaisir, pas assez pour qu’ils puissent me causer de la peine. »
C’est Montesquieu qui écrit. Ça pourrait être moi. Cette ressemblance n’est pas qu’une similitude de caractère : je la vois plus certainement comme le résultat d’une combinaison de facteurs : enfance heureuse, entourage aimant, conditions de vie agréables, esprit curieux et paisible, toutes choses qui permettent de développer une saine confiance en soi, et d’affronter l’existence avec le sentiment qu’elle sera une aventure plaisante, dans laquelle on va s’accomplir plutôt que d’échouer.
Que faire de ces heureuses dispositions ? En jouir avec bienveillance, de telle sorte qu’elles profitent à d’autres, qui n’en bénéficient peut-être pas naturellement, mais peuvent dans une certaine mesure s’en imprégner, par la dispensation de sourires, et grâce à quelque paix répandue autour de soi.