Einstein et le temps perdu

« Adolescent, Albert Einstein a passé un an à ne rien faire. Si on ne perd pas son temps, on n’arrive nulle part. » Ainsi commence la première des Sept brèves leçons de physique de Carlo Rovelli.

Rovelli 7 leçons de physique

A la septième de ces leçons, on comprend que le temps, Einstein ne l’a toujours pas retrouvé, et l’a même, au contraire, définitivement perdu, et toute la physique avec lui. A la mort de son grand ami Michele Basso, il en arriva à écrire à la famille : « Michele a quitté ce monde bizarre un peu avant moi. Cela ne signifie rien. Les gens comme nous, qui croient en la physique, savent que la distinction entre passé, présent et futur n’est qu’une illusion persistante. »

On comprend aussi que le drame, et la beauté, de la physique contemporaine, est de décrire un monde qui n’a plus rien à voir avec ce que nous percevons, et même avec ce que nous sommes capables d’imaginer.

« Ce que je sais, c’est que je ne sais rien » disait Socrate. Moi j’ajoute : « Ce que je comprends, c’est que je ne comprends rien » (et ça n’est peut-être déjà pas si mal).

Joyeux Noël à tous !

Sept brèves leçons de physique, de Carlo Rovelli, Ed Odile Jacob.

S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires